Mon meilleur ennemi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par MC   
30-11-2007

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Peur, et honte, tels sont les sentiments profonds que l’on ressent à la sortie de « Mon meilleur ennemi ». La peur au regard tranquille de l’aigle nazi niché dans son refuge bolivien que fut Klaus Barbie, qui réussit à échapper à la justice des hommes pendant 40 ans. La honte, car c’est à la vue et à l’insu de beaucoup que cela se déroula, le laissant ainsi continuer d’exercer la torture. La honte, encore, car il ne fut manifestement pas le seul.

C’est malheureusement ce que l’on apprend, ce que l’on réalise : le parcours de Klaus Barbie aurait aussi bien pu être qualifié de « parcours ordinaire d’un tortionnaire ». A travers l’exemple de Barbie, on  voit comment directement protégé par les américains, puis indirectement via des gouvernements sud américains, de nombreux nazis SS ont pu continuer leurs exactions à travers le monde. Sous le prétexte toujours commode de lutter contre le communisme via les ex-agents nazis SS de renseignements, Klaus Barbie avait ainsi continué son travail en sous main.

La méthode n’est pas nouvelle, ni exclusive, mais elle a l’inconvénient de montrer que les ex nazis avaient tout intérêt à gonfler la menace s’ils voulaient garder un intérêt aux yeux des américains. On pouvait déjà lui reprocher l’arrestation, puis la torture de Jean Moulin, et la déportation d’orphelins juifs pendant la guerre. Celui qui s’enfuit avec la complicité du Vatican en Amérique Latine en 1948, le fit car les autorités françaises l’avaient découvert en Allemagne, au service des Américains (avec la complicité de français compromis sous l’Occupation), refusant de le livrer, mais qui sous la pression de la presse française et de l’opinion publique, furent bien obligés de s’en débarrasser.

La suite, de 1948 à 1982 je vous invite à la découvrir dans ce documentaire de Kevin Mcdonald. Déjà titulaire de l’oscar de meilleur documentaire en 2000, pour le précédent et non moins intéressant « Un jour en septembre » (disponible en dvd à la médiathèque de Biarritz), Mcdonald nous rappelle ici que pour éviter les erreurs du passé, il faut parfois savoir les regarder en face afin de ne pas les oublier, de ne pas les répéter. Un documentaire salutaire, qui rappelle que quelque soit la façon dont on interprète l’ Histoire, les faits eux ne mentent pas…

Commentaires
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P.H   |04-12-2007 20:42:38
Le crime se reflète toujours sur les esprits des témoins et des proches. Il faut
les considérer comme des miroirs ; le meurtrier se cache dans un des angles
morts.
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Dernière mise à jour : ( 04-12-2007 )
 
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