| Conversation avec Caroline Lugat |
|
|
|
| Écrit par RH | |||||||
| 27-10-2007 | |||||||
![]() Caroline Lugat, place Louis XIV - Copyright AUPAMEDIA 2007 C’est autour d’un café que l’auteur nous a fait revivre cette fabuleuse épopée, nous entraînant quatre siècles en arrière, et nous invitant à rêver du Saint Jean-de-Luz d’antan. Un voyage de près de trois heures, au cours desquelles nous avons eu l’occasion de l’interroger longuement sur le sujet, et plus particulièrement sur sa trilogie, dont nous attendons avec impatience le dernier volume…
AUPAMAG: En tant qu’historienne du droit, l’histoire n’a que peu de secrets pour vous. Vos romans abordent tout particulièrement le « grand siècle », marqué par le règne de Louis XIV, le Roi soleil. S’agit-il de votre période de prédilection ? Caroline Lugat: « Ce serait plutôt le Haut Moyen Age. Mais, de toute façon, j’aime l’histoire depuis que je suis enfant, et je crois que le seul prix que j’ai eu à l’école fut celui d’histoire. L’histoire est donc une passion très très ancienne. J’aime à peu près toutes les périodes, mais j’ai une préférence pour le Haut Moyen-âge. J’apprécie également énormément la période médiévale, et si j’écris beaucoup sur la période de Louis XIV, c’est en fait lié aux recherches que j’ai pu faire . C’est la proximité et le contenu des archives qui ont un peu convenu de cette période, mais c’est également la période que j’ai le plus étudiée. Enfin, Louis XIV est un sujet d’actualité, Max Gallo s’est d’ailleurs intéressé à lui en publiant le premier tome de sa biographie tout récemment (Louis XIV, Le Roi Soleil, aux éditions XO, NDLR). » J’ai pu lire que vous aviez eu recours aux archives départementales ? C.L.: « Oui, effectivement. Les archives départementales sont de véritables mines d’or. Cependant, tout ce qui est très ancien n’est pas toujours facile à déchiffrer. Mais le bon historien va directement à la source. C’est la source qui parle. En absence de sources, on ne peut que faire des suppositions. C’est justement le problème de « l’historien du début du XXe siècle ». La plupart du temps, ils ne citaient pas leurs sources, ou de manière un peu succincte. Pour le premier article que j’ai fait sur la Course après ma thèse, j’ai commencé par une vielle thèse que j’ai fait venir et qui datait de la fin du XIXe siècle. Il ne faut cependant pas remettre en cause leur travail, ce sont des érudits qui ont apporté beaucoup de choses ».
![]() Conversation autour d'un café
Est-ce parce que Louis XIV est en quelque sorte un emblème de Saint Jean de Luz, et que vous êtes luzienne, que vous avez choisi cette période comme cadre de votre roman ? C.L.: « Oui, je dois avoir une espèce d’affinité quelque part. Je dirais que mon attachement à Louis XIV est peut-être un petit peu sentimental. Louis XIV, qui aimait d’ailleurs bien la région, s’est beaucoup déplacé dans les provinces. Il avait certainement lui aussi une affinité toute particulière pour Saint Jean-de-Luz puisque c’est là qu’il s’est marié (son mariage avec sa cousine l’infante Marie-Thérèse d’Espagne y fut célébré le 9 juin 1660, NDLR). La ville a ainsi bénéficié de ses largesses ».
Vos romans nous plongent dans l’épopée des corsaires basques et plus particulièrement luziens. Pourquoi avoir choisi ce thème ? C.L.: « Parce que j’ai travaillé dessus. C’est en discutant avec Mme Lafourcade, ancien Professeur d’histoire du droit à la faculté de Bayonne, que j’ai décidé de les étudier d’un point de vue juridique – nous recherchions alors des sources inédites ou très peu exploitées. Elle m’a alors parlé des registres de l’amirauté de Bayonne où il y a beaucoup de choses. Peu s’y sont penchés. Il fallait savoir ce qu’il y avait là dedans. Mais, à mon plus grand malheur, ces archives longtemps conservées à la Chambre de commerce, ont été déplacées à Pau aux archives départementales au moment même où j’ai voulu m’y intéresser ».
En tant que docteur en droit, vous avez publié plusieurs articles dans de revues juridiques. L’écriture romanesque est-elle un moyen pour vous de sortir du carcan des publications juridiques ? C.L.: « Oui, bien sûr. Mais c’est un défi aussi. Il est évident que l’écriture romanesque n’a rien à voir avec l’écriture juridique. C’est là que réside un peu la difficulté, j’avais peur de tomber dans un exposé didactique, que ça fasse un peu trop leçon ».
Est-ce également un moyen de vulgariser l’épopée des corsaires aux yeux du grand public ? C.L.: « En substance, c’est ça bien cela, mais je n’aime pas trop le mot vulgariser. Disons que c’est plutôt le terme en lui-même. « Populariser » est déjà mieux, vulgariser donne l’impression d’enlever beaucoup de choses pour que le gugusse comprenne ce que tu dis, comme s’il n’en était pas capable le cas échéant. Mon intérêt d’historienne du droit était d’aller au plus près de ce que pouvait être la réalité. J’ai bien conscience que tout le monde n’est pas forcément intéressé par des détails, qui pour moi ont de l’intérêt, mais n’intéresse pas nécessairement un lecteur qui souhaite lire un roman historique. Sans occulter tous ces détails, je les ai donc mis en note. Le lecteur peut très bien les lire ou bien ne pas le lire. Cela apporte une explication supplé-mentaire et ne gène en rien la lecture. Tout dépend donc de l’esprit qui aborde le livre.» [...] retrouvez la suite de l'interview dans le prochain numéro d'AUPAMAG
Propos recueillis par ID et RH
Powered by !JoomlaComment 3.26
3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
|||||||
| Dernière mise à jour : ( 30-10-2007 ) | |||||||
| < Précédent |
|---|







