Birdy Nam Nam en concert Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par RH   
03-04-2008
Dj Pone pose pour AUPAMEDIA
Crazy B., Dj Need, Little Mike, Dj Pone. Si ces noms vous évoquent quelque chose, vous serez sans doute impatients d'aller applaudir ces as de la platine ce samedi au Rockstar à San Sebastian. Champions du monde DMC 2002, Birdy Nam Nam est sans conteste un groupe des plus incontournables de la scène électro française. Afin de vous faire patienter, AUPAMEDIA vous offre donc l'interview de l'un de ses maîtres, Dj Pone, qui nous avait gentiment reçus dans sa loge lors de son dernier passage à l'Atabal.

 

A : Alors ce match ? (BOPB – USDax, ndlr)

DJ PONE : Le rugby, c’est un des seuls sports dont je ne connais pas toutes les règles. J’ai vu un essai donc je suis content. Ce n’était pas un match fantastique, mais en tout cas ils ont gagné et c’est l’essentiel (le B.O. bien sûr, ndlr) !

 

A : Tu t’intéresses au sport en général ? Tu en pratiques un en particulier ?

DJP : Je faisais du tennis et du hand. Un peu de skate. Je fais du snowboard, mais j’ai fait tellement de concerts l’année dernière que je n’ai pas vraiment eu le temps d’aller en faire.

 

A : Belle liste de tournée en effet !

DJP : Avec Birdy Nam Nam, on a fait le tour du monde.

 

A : Jusqu’à Tokyo…

DJP : Tahiti même !

 

A : On a essayé de compter les titres. Tu as été quatre fois champion de France DMC, deux fois par équipe, après on a arrêté de compter…

DJP : J’ai eu des bons titres, mais aux championnats du monde, je n’étais pas assez bien préparé pour dépasser les trois premières places en solo.

 

A : La vidéo des championnats DMC en 2000 est d’ailleurs sur Dailymotion.

DJP : Ca c’était la meilleur année ! 2000, c’est là que j’ai été champion de France, champion d’Europe, et champion du Monde en ITF.

 

Dj Pone
A : Peux-tu nous expliquer la différence entre DMC et ITF ?

DJP : Pour DMC, à l’époque, tu avais le show en individuel de six minutes au niveau national, puis ça te qualifiait pour le championnat du monde, où ils sélectionnaient les dix meilleurs pour les faire s’affronter. Parallèlement, il y avait aussi les championnats DMC par équipe.

ITF, c’était par catégorie, dont « battle », « beat jungling »,  « scratch », et « par équipe ». C’était vraiment des compétitions  à l’arrache, dans le ghetto… J’en garde des bons souvenirs. Ça m’a permis de rencontrer du beau monde, dont DJ Babu.

 

A : On a lu qu’après tu avais arrêté la compétition. Est-ce que c’était au même moment que ta rencontre avec Birdy Nam Nam ?

DJP : J’ai arrêté en 2002. Pour Birdy Nam Nam, on faisait parti d’un crew qui s’appelait Scratch Action Hero avec lequel on a été champions du monde, Need, Crazy B , Mouse et moi. Mike n’était pas encore dans le groupe à ce moment là. A l’époque, on était une dizaine à faire des compétitions avec ce crew. De ce crew est né BNN. Crazy B, je l’ai rencontré en 1995.

 

A : Il était encore dans Alliance Etnik ?

DJP : C’était l’explosion d’Alliance Etnik, juste avant que le maxi « RESPECT » sorte. Need, je l ai rencontré en 1998 au championnat de France à La Réunion. Ca faisait déjà un moment qu’on essayait de faire des morceaux avec nos platines. Après est venue l’idée de l’album. Avec l’influence de ce qu’avait fait Qbert notamment.

 

A : Ta première platine, tu l’as eu quand ? Comme Elisa Do Brasil, tu as du faire du baby-sitting pour l’avoir?

DJP : Non, j’ai eu la chance d’avoir un pote qui m’en a filé une. Enfin qui me l’a prêté, mais que j’ai gardé, et une table de mixage que ma mère m’avait acheté 400 francs. C ‘était plutôt l’époque où tu disais « je veux rien à Noël, mais je veux un gros cadeau pour mon anniversaire ». J’ai donc eu une platine. Pour le premier championnat que j’ai fait en 1996, je n‘avais qu’une platine. C’est un pote qui me l’avait prêté. J’ai du attendre trois ans pour avoir deux MK2 (Technics MK2, la référence en matière de Djing, ndlr). Mais ça va, mes parents gagnaient bien leur vie, donc c’était plutôt facile, je n’ai pas été obligé d’aller travailler au Mac Do pour avoir mes platines. Je ne les ai pas eu non plus façon « Tiens mon fils, voilà deux platines », je les ai quand même gagné !

 

A : T’as commencé à quel âge ?

DJP : Je devais avoir 15/16 ans.

 

A : Le premier morceau Hip Hop ou autre qui t’a influencé ?

DJP : « No Cleep Till Brooklyn » et « Fight For Your Right To Party » des Beastie Boys. J’étais en vacances à Saint Malo avec mes parents en 1989, et j’ai rencontré un mec dont le frère avait une cassette avec « Appetite for destruction » des Guns’n Roses, Run DMC, et les Beastie Boys. Après, j’ai écouté de la merde comme tout le monde. En plus, je n’arrivais pas à faire la différence entre Mick D et Ad Rock à l’époque. Je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. Je savais juste qu’ils avaient un succès fou au US, qu’ils étaient numéro 1 des charts avec 7 millions d’albums vendus. En 1998, « Hello Nasty » s’est vendu à 10 millions d’exemplaires !

 

Dj Pone
A : Tu les as vus en concert depuis ?

DJP : Oui, j’étais au Zénith pour leur dernier concert, puis au Bataclan pour celui qui était tout en acoustique. Mix Master Mike que je connais bien m’a permis d’aller dans les loges, et de rencontrer MCA pour prendre une photo avec lui, j’étais content !

 

A : Tu m’étonnes, t’as du la mettre à côté des photos de famille…

DJP : Ma femme m’a fait retirer quelques trucs parce que sinon j’avais des posters partout des Beastie !

 

A : Pour passer à un autre sujet, on a rencontré les Matmatah, qui nous ont parlé des Svinkels. On a donc fait le lien avec toi. Est-ce que tu passerais à l’émission « 30 millions d’amis » comme eux ?

DJP : Je les connais bien, j’ai fait des scratchs pour leur deuxième album. Qu’est ce qu’ils ont été foutre à trente millions d’amis ? Moi, je ne risque pas d’y passer. A cette émission comme à la télé d’ailleurs... Et si j’en ai l’opportunité, je sélectionnerai bien l’émission.

 

A : Eurockéennes, Transmusicales… Tu as des dates dont tu gardes un souvenir particulier sur les tournées avec BNN ?

DJP : J’en ai plein. Aux Eurockéennes, jouer devant 25000 personnes, ça ne laisse pas indifférent. La Cigale avec BNN aussi, idem au Garorock. Dans toute la France, on a eu un super accueil. A Roskilde au Danemark aussi, on ne connaissait personne, on jouait à 16h, et il y avait 8.000 personnes qui sautaient comme des fous. Les bons souvenirs, j’en ai plein, mais ce n’est pas une histoire de quantité de personnes. Parfois, c’est aussi le feu dans une petite salle, comme à Belfort avec BNN. Tout seul aussi, après Crazy B, au « 4 Sans » à Bordeaux.

 

A : Le meilleur club ?

DJP : Le « 4 Sans » à Bordeaux, la semaine dernière, c’était quelque chose ! J’avais quelques bières au compteur et ça s’est bien enchaîné.

 

A : Justement pour parler alcool, un souvenir précis de la compile « QHUIT » ?

DJP : Justement, on est parti en Bretagne une semaine dans le studio des Matmatah qui nous l’ont prêté. Avec Roger (créateur de la marque Qhuit, ndlr), les Svinkels, TTC, et donc moi avec Triptik. On a fait un concert gratuit à coté de Brest en passant une demi-heure chacun.

 

Dj Pone
A : Tu reprends souvent le sample du titre « Dans le club » de TTC. Je me suis même demandé un moment si ça n’était pas toi plutôt que DJ Orgasmic qui l’avait créé.

DJP : En fait, c’est Para One qui l’a fait ! Et je me rappelle que Tek nous l’a fait écouter pour la première fois dans la voiture qui nous ramenait à l’hôtel pendant l’enregistrement de la compile Qhuit. Quand on a entendu le son, on a fait « Whaou !». J’ai trouvé un plan dessus où j’avais des bruits de rayon laser. Et ce plan m’a permis et me permet encore de lever des salles entières et des grosses foules. L’autre fois, j’ai vu Para One et je lui ai demandé si je pouvais récupérer une version  pour en faire encore autre chose.

 

A : Tout ce qui est du label « Institube » tu kiffes bien ?

DJP : Oui. C’est surtout que tout le monde se connaît. Tout le monde n’est pas pote avec tout le monde, mais que ce soit TTC ou d’autres groupes, on se connaît tous.

 

A : Je les ai pas mal vus tourner, et Para One j’étais plutôt impressionné par sa prestation avant Justice à l’Ubu à Rennes.

DJP : C’est une brute ! C’est un super producteur…

 

A : Et on en parle moins que Justice… Sinon, dans le désordre, pourquoi DJ Pone ?

DJP : C’était mon Tag. Tout le monde me connaissait déjà sous ce nom, alors j’ai continué avec quand je me suis mis au platine.

 

A : Pour finir, on va te donner une liste de noms… Tu nous dis si tu aimerais collaborer avec, ou si non, tu ne peux pas, tu as piscine !

DJP :

-          Carlos : il est mort de toute façon

 

-          Dj Netik : on l’a déjà fait dans une soirée à San Sébastien

 

-          Asian Dub Foundation : non, ça n’est pas mon truc…

 

-          DJ Babu : oui, bien sûr, c’est une de mes références.

 

-          Yelle : pourquoi pas… Je n’ai rien contre Yelle, je ne la connais pas, je l’ai croisée une fois, mais elle n’avait pas encore explosé avec Grand Marnier (son compagnon, Dj, auteur, compositeur et réalisateur de la chanson, ndlr).

 

-          Mix Master Mike : c’est déjà fait.

 

-          Jacques Brel : j’aurais aimé.

 

-          M.I.A : je ne sais pas ce qu’elle fait.

 

-          Carla Bruni : Oh non ! Carla Sarkozy, non merci.

 

-          Feadz : Carrément. Je n’ai jamais collaboré avec lui, mais on a déjà mixé ensemble dans des soirées et on se connait bien.

 

Dj Pone
A : Tes projets, ton actualité, des dates ?

DJP : On vient de finir un nouvel album avec BNN. Là, on est en train de préparer le live… Et on repart bientôt en tournée !

 

A : Et avec les Svinkels ?

DJP : Je ne peux plus partir en tournée avec eux car je n’ai plus le temps. Et puis, je me consacre à fond à Birdy Nam Nam. En plus, j’ai une petite fille. Il faut que je passe du temps avec elle. C’est dommage car j’ai passé neuf ans avec eux, ce sont des amis très proches.

 

A : Tu te souviens de la vidéo de 90bpm.com où tu sors « Ils font chier les Svinkels » ?

DJP : Ah ouais, j’étais jeune… Je devais avoir 21 ans. On répétait à Montreuil dans un studio, c’est là que j’ai rencontré DSL (nouvelle signature du Label Ed Banger, ndlr).

 

Merci à Dj Pone et, une fois de plus, à l'Atabal pour leur accueil!

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